La Jetée du Lido (Toulon)

Je l’observe, elle regarde vers le large, scrutant l’horizon et le prochain ferry revenant de Corse aux premières lueurs du jour, frissonnant au matin lorsque un imposant porte-hélicoptères quitte la rade pour des opérations lointaines, je l’observe, arbitrant la régate du dimanche matin, éblouie par les spis aux couleurs chatoyantes, épiant avec gourmandise la barque de pêche escortée d’oiseaux marins attendant l’heure du repas …

Je l’observe, elle se laisse caresser par l’onde bleu azur d’une matinée d’été, à peine ridée par le manège des baigneurs habitués du lieu, une autre fois rafraîchie par le mistral qui lui chatouille le flanc et les embruns qui la dépassent sans s’attarder, je l’observe, brutalisée par les tempêtes d’est et leur train de vagues grises, vertes ou brunes qui la giflent, la submergent et l’abandonnent, dégoulinante …

Je l’observe, offrant son béton austère aux promeneurs amoureux, joggeurs, pêcheurs occasionnels, se muant peu après en studio où modèles et photographes entament leur danse rituelle, je l’observe, accueillant mouettes et goélands lassés de la violence du vent d’ouest, je l’observe, elle console cette femme seule, venue pleurer cet amant disparu …

Je l’observe et elle m’appelle, comme au temps où, de la passerelle du patrouilleur que je commandais, j’observais cette mer aux multiples visages, ses humeurs et ses couleurs, ses habitants, ses visiteurs … 

Les triptyques

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