chez les Mentawai

Il était une fois un peuple… inutile. Isolés sur leur territoire, Siberut, petite île à quelques milles marins de Sumatra, les femmes et les hommes n’y produisaient rien, se contentant de vivre pacifiquement sans jamais rien demander à quiconque, qui ne lui en demandait pas plus, d’ailleurs, du moins jusqu’à ces dernières décennies.

La société mentawai vit dans un cercle clanique autour de l’édifice familial tout de bois construit, l’uma, qui est à la fois maison, temple, salle des fêtes et chambre d’hôtes. Les Mentawai vivent de rien ou de tout, c’est selon. Au cœur de la forêt humide, ils trouvent ce qu’il faut, eau, fruits, baies, racines, plantes, … pour se nourrir, se vêtir, se soigner, fumer, chasser … Enfin, lorsqu’il reste quelque animal à chasser.

Quand le soir approche, on se retrouve dans la pièce commune, on palabre, on devise. Tout est prétexte à cérémonie : des retrouvailles, un événement heureux. Alors autour des chamans du clan, les sikerei, on demande pardon aux esprits pour les deux trois animaux que l’on va sacrifier, on chante, on danse. Si les Mentawai sont surnommés « hommes-fleurs » en raison des fleurs dont ils aiment se parer selon leur humeur, on pourrait tout autant évoquer leur fascination pour les oiseaux qui, de la poule à l’aigle majestueux, inspirent les chorégraphies des danses rituelles des sikerei.

Aujourd’hui, le peuple Mentawai est en danger. Leur gouvernement s’efforce de faire rentrer dans le rang ce peuple en marge des lois des hommes du XXIème siècle. Il leur propose de l’argent pour quitter la forêt et venir s’installer dans des villages qui poussent comme des champignons. Au-dessus de la rivière, les tronçonneuses hurlent du matin au soir tandis que les industriels du bois et de l’huile de palme lorgnent sur ces territoires trop vierges et inexploités à leur goût. Les hommes-fleurs s’essaient progressivement à la modernité. Celui-ci a choisi une épingle à nourrice comme pendentif, celui-là une clé de cadenas, un autre encore porte une montre qui n’est pour lui qu’un bijou. 

Ces photos sont un hommage à ce peuple débonnaire, pacifique, qui ne comprend pas grand chose à ce monde moderne qui l’entoure et l’aspire et à ceux qui se battent pour protéger ses intérêts et son identité.

 

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